Au Tchad, les communautés ethniques Ngambaye et Fulbé, impliquées dans les affrontements survenus en mai dans la région du Logone Occidental, ont signé un accord de paix et l’ont présenté au chef du gouvernement régional. L’information a été rapportée par la radio française RFI, citant Alain Mbaïomdé Nande, chef de la mission sénatoriale dans la région.
L’accord a été signé par les chefs traditionnels des communautés, les chefs de canton Ngambaye et Fulbé, ainsi que par l’administration provinciale. Le Haut Conseil de la chefferie traditionnelle a agi en tant que médiateur.
Dans le cadre de cet accord, les parties s’engagent à mettre en place un comité de suivi chargé de veiller à l’application des termes de l’accord et d’informer le gouvernement central tchadien de tout signe de résurgence de tensions. Les détails de l’accord n’ont pas été rendus publics, mais M. Nandé a assuré que « les effets se feront sentir rapidement ».
« Les populations déplacées peuvent regagner leur domicile et reprendre leurs activités agricoles et commerciales normalement », a-t-il ajouté.
Les autorités tchadiennes ont également déployé des forces de défense et de sécurité dans la région pour stabiliser la situation.
Les affrontements entre les communautés Ngambaye et Fulbé ont éclaté le 15 mai 2025 dans le village de Mandakao, situé dans la région du Logone Occidental. Plus de 30 personnes ont perdu la vie, et au moins six ont été blessées.
Le gouvernement tchadien a accusé l’ancien Premier ministre Succès Masra d’avoir incité à ces troubles. Un enregistrement audio de M. Masra, diffusé sur les réseaux sociaux tchadiens et prononcé en langue ngambaye, aurait, selon les autorités, appelé certaines populations à se soulever. À la suite de cela, la police tchadienne a arrêté le politicien le 16 mai, et des charges officielles ont été retenues contre lui le 22 mai.